Rapport d’évaluation du travail réalisé par le GIEC

On se souvient qu’à la suite du « Climategate » (lire un précédent post), de nombreuses critiques ont été portées à l’égard du travail réalisé par le GIEC. Certaines étaient justifiées – des erreurs furent commises (par exemple, sur la vitesse de fonte des glaciers de l’Himalaya) – d’autres étaient davantage des critiques gratuites ou guidées par des intérêts peu avouables.

Qu’elles furent justifiées ou non, ces critiques ont ébranlé la confiance dans le sérieux du travail du GIEC. C’est pourquoi, le 10 mars 2010, il fut demandé au Conseil Inter-Académique (ou « IAC » pour InterAcademy Council)1 d’analyser la rigueur scientifique des rapports établis par le GIEC.

Cette évaluation est désormais disponible avec la publication, ce 30 août 2010, du Climate Change Assessments – Review of the Processes and Procedures of the IPCC. Dans son communiqué de presse commentant ce rapport, l’IAC note que « Le processus utilisé par le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat [GIEC], afin de générer ses rapports périodiques d’évaluation, a été globalement une réussite, mais le GIEC doit effectuer une réforme fondamentale de sa structure de gestion et renforcer ses procédures, pour traiter des évaluations climatiques encore plus amples et de plus en plus complexes, avec l’examen du public plus poussé venant d’un monde s’accrochant aux meilleures manières de répondre à ce changement climatique ».

On le voit, l’IAC ne tire pas à boulets rouges sur le GIEC. Loin de là. Néanmoins, pour répondre aux faiblesses relevées dans son rapport, l’IAC formule plusieurs recommandations au GIEC. Elles sont résumées dans les conclusions du rapport (en anglais uniquement).

Cet article vous a plu? Partagez-le:
  • Print
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • email
  • Live
  • Netvibes
  • Twitter
  • MySpace
  • PDF
  • RSS
  • Wikio FR
  • Add to favorites
  • del.icio.us
  • FriendFeed
  • LinkedIn
  • Yahoo! Bookmarks
  1. L’IAC est un groupement international de scientifiques de renom basé à Amsterdam. []
Posted in Réchauffement climatique | Tagged , | Leave a comment

L’Europe pour les nuls

L’Union européenne est une organisation internationale complexe, si bien que la plupart des citoyens européens ignorent ses domaines d’action, son mode de fonctionnement et les avantages/contraintes qu’elle procure. Cette méconnaissance est le ferment de nombreux fantasmes largement diffusés lors des moments-clés de la construction européenne.

A l’occasion de la sortie de L’ABC du droit de l’Union européenne de Klaus-Dieter Borchardt (téléchargeable gratuitement ici), nous vous proposons quelques pistes d’exploration pour mieux connaître cette fameuse Union européenne. La première de ces pistes est bien entendu le site internet de l’Union européenne : Europa. Vous y trouverez (presque) tout, quitte à vous perdre dans ses méandres.

A côté de cette source officielle, vous pourrez également consulter plusieurs blogs francophones traitant de l’actualité européenne : citons, entre autres, le Journal du marché intérieur, les Coulisses de Bruxelles, les Euros du Village et bien sûr – mais dans une moindre mesure – Citizen Brain. Enfin, pour les néophytes qui aimeraient en savoir plus sur l’Europe tout en disposant d’un support papier, nous vous recommandons l’ouvrage de vulgarisation L’Europe pour les Nuls de Sylvie Goulard. Seul bémol, ce livre est paru avant le Traité de Lisbonne et n’en intègre donc pas les acquis.

Cet article vous a plu? Partagez-le:
  • Print
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • email
  • Live
  • Netvibes
  • Twitter
  • MySpace
  • PDF
  • RSS
  • Wikio FR
  • Add to favorites
  • del.icio.us
  • FriendFeed
  • LinkedIn
  • Yahoo! Bookmarks
Posted in Union européenne | Leave a comment

Sortie de l’encyclopédie “Nanoscience and Society”

Bonne nouvelle pour les (nombreux) chercheurs qui travaillent dans le domaine (très large) des enjeux sociétaux soulevés par les “nanosciences et nanotechnologies” (selon la dénomination de la Commission européenne). Le Consortium for Science & Policy Outcomes (Arizona State University, US), sous la direction de D. Guston, une Encyclopédie sur les rapports entre nanosciences et société (Sage Publications, 2010)1.

Ces rapports sont problématiques et se caractérisent, d’une part, par toute une série de problèmes environnementaux (dissémination dans l’environnement, impacts sur la santé humaine, etc.) et, d’autre part, par des problèmes proprement sociétaux. Ces derniers peuvent toucher aux aspects juridiques (légaux), à certains rapports de force ou de société (sociaux ou économiques) et, enfin, à des aspects d’ordre philosophique ou éthique.

Le gros avantage d’une encyclopédie telle que celle-ci est de clarifier la terminologie propre à la thématique des nanotechnologies, souvent nébuleuse et employée, ci et là, avec des signifiants diamétralement opposés. Le terme de “nanotechnologie” lui-même pose beaucoup de problème et ne dispose pas de frontières bien tracée. Ainsi, il est à espérer que cette encyclopédie se fraye le chemin (étroit et ardu dans le milieu académique) d’ouvrage de référence qui fasse (relatif) consensus au sein de la communauté d’experts à laquelle elle se destine.

Cet article vous a plu? Partagez-le:
  • Print
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • email
  • Live
  • Netvibes
  • Twitter
  • MySpace
  • PDF
  • RSS
  • Wikio FR
  • Add to favorites
  • del.icio.us
  • FriendFeed
  • LinkedIn
  • Yahoo! Bookmarks
  1. Ce même centre dirige déjà l’édition du Yearbook of Nanotechnology in Society, dont le premier volume est paru chez Springer []
Posted in Nanotechnologies | Tagged , , | 1 Comment

État de l’environnement en Europe (2009)

La Commission européenne a publié, ce 10 août, son rapport annuel sur l’état de l’environnement en Europe (plus officiellement appelé « Annual Environment Policy Review »).

L’édition relative à l’année 2009 (« 2009 Environment Policy Review ») analyse différentes questions : le changement climatique,  la nature, la biodiversité, les liens environnement-santé, les ressources naturelles et les déchets.

Le rapport 2009 se compose de trois parties : la première rappelle les grandes orientations politiques de l’Union européenne en matière environnementale (partie 1), la deuxième offre des données statistiques (partie 2) et la troisième se concentre sur les actions des 27 États membres dans le domaine de l’environnement (partie 3).

Pour les éditions 2003 à 2008, je vous renvoie au site internet de la Commission.

Cet article vous a plu? Partagez-le:
  • Print
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • email
  • Live
  • Netvibes
  • Twitter
  • MySpace
  • PDF
  • RSS
  • Wikio FR
  • Add to favorites
  • del.icio.us
  • FriendFeed
  • LinkedIn
  • Yahoo! Bookmarks
Posted in Réchauffement climatique, Union européenne | Leave a comment

Un accord à Cancún de plus en plus improbable

Afin de préparer le Sommet de Cancún (29 novembre – 10 décembre 2010), les négociateurs internationaux se sont réunis à Bonn cette semaine (2-6 août 2010). Le moins que l’on puisse écrire, c’est que, au terme de ces travaux, un sentiment de désappointement émerge auprès de plusieurs délégations. 

On se souvient que lors du Sommet de Copenhague (décembre 2009), la Communauté internationale s’était entendue sur un « accord » a minima concernant les mesures à adopter dès 2013 pour contenir le réchauffement climatique. Or il apparaît que cet accord déjà peu ambitieux soit remis en cause par plusieurs pays, dont la Chine. Bref, cela n’augure rien de bon pour le Sommet de Cancún de décembre prochain et plusieurs observateurs estiment qu’un accord mondial relatif à la lutte contre le réchauffement climatique ne sera pas conclu avant le Sommet de Johannesburg (décembre 2011). Sans compter des signaux assez peu encourageants venus du Sénat américain qui a reporté sine die le vote du projet de loi sur le climat défendu par le Président Obama (projet qui, vu de ce côté-ci de l’Atlantique, paraissait relativement « léger »). Même en cas d’accord international, il est donc loin d’être acquis que les Sénateurs américains soient disposés à le ratifier.

En conséquence, se pose de plus en plus la question du vide juridique qui risque de survenir : en effet, les règles contenues dans le Protocole de Kyoto – actuellement en vigueur – ne sont applicables que jusqu’au 31 décembre 2012. L’on pourrait, certes, prolonger la durée de vie de ce Protocole mais c’est justement l’une des pierres d’achoppement des négociations en cours : certains États (notamment les États membres de l’Union européenne) plaident pour une reconduite d’un Protocole de Kyoto amendé ; alors que d’autres réclament un nouveau traité (notamment les États-Unis qui ne sont pas liés par ce Protocole et ne veulent pas en entendre parler).

Lire « US envoy: Climate talks slipping backward » (AP) et « U.N. climate deal retreats as Bonn talks end » (Reuter).

Lire également la réaction de Connie Hedegaard, Commissaire européen en charge de l’action pour le climat.

Cet article vous a plu? Partagez-le:
  • Print
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • email
  • Live
  • Netvibes
  • Twitter
  • MySpace
  • PDF
  • RSS
  • Wikio FR
  • Add to favorites
  • del.icio.us
  • FriendFeed
  • LinkedIn
  • Yahoo! Bookmarks
Posted in Réchauffement climatique | Tagged | Leave a comment

Du côté de la Présidence belge de l’UE (I)

Deux grands dossiers européens ont avancé ces derniers jours : d’une part, l’ouverture des négociations d’adhésion de l’Islande à l’Union européenne et d’autre part, la mise en place du Service Européen d’Action Extérieure (SEAE).

On s’en souvient, la crise financière avait laissé l’Islande en quasi faillite. Cette faiblesse avait conduit nombre d’Islandais à accepter l’idée de rejoindre l’Union européenne. Le processus d’adhésion a formellement débuté ce 27 juillet 2010 avec la tenue de la première Conférence intergouvernementale sur l’adhésion de l’Islande à l’Union européenne (lire le communiqué de presse). Ce processus va durer plusieurs mois et aucune adhésion n’est attendue avant, au minimum, 2012. D’ici là de nombreux écueils devront être surmontés et notamment : l’accès des marins européens aux zones de pêche islandaises, l’interdiction de la pêche à la baleine, le dossier « Icesave » du nom de la banque qui a ruiné de nombreux épargnants britanniques et néerlandais. Pour rappel, lors du référendum du 6 mars 2010, les Islandais ont refusé – contre l’avis du Gouvernement – que leur État rembourse ces épargnants étrangers. Ce dossier reste donc une sérieuse épine dans les relations entre Reykjavík et Londres/La Haye. Enfin, dernier obstacle de taille, il n’est pas évident que les Islandais soient toujours favorables à une telle adhésion ; les derniers sondages faisant plutôt état d’une majorité s’y opposant. 

Sur les conditions et la procédure d’adhésion à l’Union européenne, relisez un article précédent de Citizen Brain : « Mode d’emploi des adhésions à l’UE ».

Autre actualité, le Conseil de l’Union européenne a définitivement adopté, le 26 juillet 2010, la décision mettant en place le Service Européen d’Action Extérieure (site internet du SEAE). Innovation du Traité de Lisbonne, le SEAE constituera le futur organe diplomatique de l’Union européenne et sera, à ce titre, au service de Catherine Ashton, le Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Le texte de la décision - telle que publiée au Journal officiel - est téléchargeable ici (FREN). Pour un rapide aperçu du contenu de cette décision, voyez le communiqué de presse du 8 juillet 2010. Le SEAE devrait être opérationnel d’ici le mois de décembre 2010, soit un an après l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne (1er décembre 2009). S’agissant du poste de Secrétaire-général (c’est-à-dire le plus haut fonctionnaire du SEAE), les bruits de couloir indiquent qu’il devrait revenir à Pierre Vimont, actuel ambassadeur de France à Washington.

Cet article vous a plu? Partagez-le:
  • Print
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • email
  • Live
  • Netvibes
  • Twitter
  • MySpace
  • PDF
  • RSS
  • Wikio FR
  • Add to favorites
  • del.icio.us
  • FriendFeed
  • LinkedIn
  • Yahoo! Bookmarks
Posted in Union européenne | Tagged , , | 5 Comments

Climat : Quelques actualités

Ces derniers jours, l’actualité concernant les aspects juridiques du réchauffement climatique fut plutôt dense malgré la torpeur estivale. Sans entrer dans une analyse approfondie, l’on peut pointer trois dossiers clés.

Aux États-Unis, le projet de loi « Climat » qui fut l’une des promesses du candidat Obama reste en rade. Bien qu’une version « light » fut votée à la Chambre des représentants, aucune majorité ne s’est dégagée parmi les Sénateurs pour soutenir ce projet de loi . A ce sujet, voyez les articles du Monde et du Figaro.

En Europe, le Comité des changements climatiques de l’Union européenne a donné son feu vert au projet de règlement de la Commission relatif aux enchères de quotas d’émission (quotas de CO2). Ce projet de règlement doit encore obtenir l’aval du Parlement européen et du Conseil. Pour plus d’informations, je vous renvoie aux deux communiqués de presse (dont les questions-réponses) de la Commission et au projet de règlement (Commission Regulation on the timing, administration and other aspects of auctioning of greenhouse gas emission allowances pursuant to Directive 2003/87/EC of the European Parliament and the Council establishing a scheme for greenhouse gas emission allowances trading within the Community).

Enfin, la Commission a marqué son accord sur l’utilisation d’un instrument – élaboré par Eurocontrol – qui permet d’estimer la consommation de carburant des avions et qui pourra être employé par les petits exploitants d’aéronefs afin de respecter les obligations qui leur incombent en vertu du SCEQE (EU Emission Trading Scheme). Cet instrument permettra aux petits émetteurs aériens de recourir à des procédures de surveillance simplifiées. Voyez le communiqué de presse de la Commission ainsi que le projet de règlement (Commission Regulation on the approval of a simplified tool developed by the European organisation for air safety navigation (Eurocontrol) to estimate the fuel consumption of certain small emitting aircraft operators).

Cet article vous a plu? Partagez-le:
  • Print
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • email
  • Live
  • Netvibes
  • Twitter
  • MySpace
  • PDF
  • RSS
  • Wikio FR
  • Add to favorites
  • del.icio.us
  • FriendFeed
  • LinkedIn
  • Yahoo! Bookmarks
Posted in Réchauffement climatique | Tagged | 1 Comment

Lifting d’été

Les chaleurs étouffantes d’été sont bel et bien au rendez-vous et, pour célébrer ses six premiers mois d’existence (bien faits!), histoire de se rafraîchir, Citizen Brain s’offre un petit lifting d’été.

Une mise en page clarifiée, plus sobre, davantage lisible. Des menus repensés pour leur accessibilité, aussi.

L’occasion de rappeler qu’il est très facile de s’abonner à Citizen Brain. Vous pouvez recevoir les nouveaux billets par email, en cliquant sur le bouton “subscribe” dans le menu de droite. Il est aussi possible de s’abonner au flux RSS (mises à jour automatiques du contenu), ou de nous suivre sur notre groupe facebook.

En tous les cas, tenir ce blog est un plaisir; vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre et nous vous donnons rendez-vous en décembre prochain pour souffler – déjà! – notre première bougie!

Cet article vous a plu? Partagez-le:
  • Print
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • email
  • Live
  • Netvibes
  • Twitter
  • MySpace
  • PDF
  • RSS
  • Wikio FR
  • Add to favorites
  • del.icio.us
  • FriendFeed
  • LinkedIn
  • Yahoo! Bookmarks
Posted in Citizen Brain | Leave a comment

Quantité de quotas de CO2 en 2013

usineOn le sait, le système européen d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre (SCEQE) est l’un des instruments de l’Union européenne pour lutter contre le réchauffement climatique (en savoir plus sur le SCEQE).

Afin d’en garantir le gain environnemental, la quantité de quotas1 disponibles n’est pas illimitée. Le SCEQE fonctionne avec une enveloppe fermée de quotas – un volume maximal – qui est fixée au niveau européen, puis répartie entre les différents États membres et les entreprises concernées.

L’idée-phare est de réduire progressivement cette quantité globale afin de forcer les entreprises à investir dans des technologies plus propres. En effet, si les entreprises ne réduisent pas progressivement leurs émissions de gaz à effet de serre – alors que, au même moment, la raréfaction des quotas s’intensifie – elles auront de plus en plus de difficultés à se procurer des quotas, ou à se les procurer à un prix avantageux (en raison de la loi de l’offre et de la demande). En d’autres termes, si le coût de la pollution (acquisition des quotas nécessaires à l’entreprise) devient plus important que le coût d’investissement dans des technologies plus propres, l’entreprise devrait normalement opter pour ces investissements.

Pour l’année 2013, la Commission a fixé la quantité globale à 1.926.876.368 de quotas (Décision C(2010) 4658 final du 9 juillet 2010). En comparaison, au 30 avril 2010, la quantité moyenne et annuelle de quotas alloués par les États membres durant la période 2008-2012 correspondait à 2.032.998.912 de quotas. Conformément à l’article 9 de la directive 2003/87/CE, la Commission a réduit linéairement la quantité de quotas d’un facteur de 1,74%, soit une réduction de 35.374.181 quotas par an entre 2010 et 2013 (considérants n° 12 et 13, et article premier de la décision de la Commission). En 2020, cette quantité globale ne devrait pas dépasser les 1.720 millions de quotas (considérant n° 14 de la directive 2009/29/CE).

Cette quantité globale ne concerne que les installations fixes et non le secteur aérien : une enveloppe de quotas lui sera spécialement dédicacée et fera l’objet d’une autre décision de la Commission (article 3 quater de la directive 2003/87/CE et considérant n° 10 de la décision de la Commission). Ce calcul ne tient pas compte non plus des émissions historiques des installations fixes des secteurs d’activités qui seront intégrés dans le SCEQE dès 2013 (article 9 bis de la directive 2003/87/CE).

Plus d’informations sur cette décision de la Commission.

Cet article vous a plu? Partagez-le:
  • Print
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • email
  • Live
  • Netvibes
  • Twitter
  • MySpace
  • PDF
  • RSS
  • Wikio FR
  • Add to favorites
  • del.icio.us
  • FriendFeed
  • LinkedIn
  • Yahoo! Bookmarks
  1. Un quota correspond à l’équivalent d’une tonne de CO2 relâchée dans l’atmosphère. []
Posted in Réchauffement climatique | Tagged | 1 Comment

Déchets et responsabilité élargie

Le droit des déchets est relativement technique. Parmi les questions récurrentes de cette matière, nous trouvons celle de la responsabilité : qui doit assumer le coût de la prise en charge de ces déchets ? Christophe Verdure, chercheur aux Facultés universitaires Saint-Louis et spécialiste du droit des déchets, revient sur le concept de « responsabilité élargie des producteurs de déchets ».

décharge

Responsabilité élargie des producteurs de déchets

Depuis l’adoption de la première directive en matière de déchets (directive 75/442/CEE), la responsabilité du producteur a été instaurée comme principe fondateur. Celle-ci prévoit que le coût de l’élimination des déchets devait être supporté par (i) le détenteur qui remet des déchets à un ramasseur ou à une entreprise, (ii) les détenteurs antérieurs ou (iii) le producteur du produit générateur de déchets (article 11 de la directive). Une telle responsabilité à charge des intervenants précités est fondée sur le principe du pollueur-payeur en vertu duquel sont imputés au pollueur les coûts résultant des mesures de prévention, de réduction et de lutte contre la pollution1.

Dans le prolongement de ce principe de responsabilité lié à l’élimination des déchets, a émergé, à la suite notamment des travaux de l’OCDE, un concept plus vaste de « responsabilité élargie des producteurs ». Une telle responsabilité élargie s’écarte du régime initial en ce qu’il « étend les obligations du producteur à l’égard d’un produit jusqu’au stade de son cycle de vie situé en aval de la consommation »2.

La responsabilité des producteurs ne se limite désormais plus aux seuls coûts de l’élimination des déchets mais demeure à charge de ceux-ci, à tout moment, eu égard à leur responsabilité dans les choix de conception du produit litigieux, les matériaux employés, etc. Ainsi, si un producteur choisit délibérément une substance néfaste pour l’environnement, au détriment d’une autre qui, par essence, serait par exemple recyclable, il devra en assumer les conséquences. L’article 191, §2 TFUE n’en dispose pas moins lorsqu’il indique que les atteintes à l’environnement doivent être corrigées, par priorité, à la source.

La combinaison des coûts mis à charge du producteur par le principe de responsabilité élargie et des coûts éventuels liés à l’élimination des déchets peut toutefois s’avérer lourde financièrement3. Dès lors, les producteurs vont modifier les méthodes de conception de leurs produits, afin de prendre en compte les aspects environnementaux et par conséquent, utiliseront de manière plus rationnelle et prudente les ressources naturelles (article 191, §1, 3ème tiret TFUE). En outre s’ensuivra, durant le cycle de vie du produit, une diminution des incidences environnementales, et par conséquent, des coûts moindres pour les incidences qui n’auraient pas pu être éliminées lors de la conception.  Enfin, un tel régime des coûts ôtera au dernier détenteur la tentation de se débarrasser de manière illégale d’un produit pour s’épargner les coûts de l’élimination4.

Par ailleurs, l’instauration d’un régime de responsabilité élargie permet également d’atteindre un second objectif lié au transfert de la responsabilité en matière de gestion des déchets. La gestion des déchets – à tout le moins – ménagers incombe aux communes, lesquelles sont en charge des centres de tri, de l’enlèvement des immondices, etc.

Or l’instauration d’une responsabilité élargie implique que ce sont désormais les producteurs qui doivent intervenir en première ligne pour assurer la gestion de leurs produits, arrivés en fin de vie. Un tel transfert de responsabilité, des communes vers les producteurs5, emporte deux conséquences à savoir, d’une part, une diminution des coûts à charge des collectivités locales et, d’autre part, une limitation de la responsabilité de ces dernières.

En matière de déchets, le principe de responsabilité élargie a été instauré, à l’origine, par les directives européennes réglementant certaines filières d’élimination des déchets telle la directive 2002/96/CE dont le considérant n° 12 expose que « [l]‘établissement […] de la responsabilité du producteur est l’un des moyens d’encourager la conception et la fabrication des équipements électriques et électroniques selon des procédés qui tiennent pleinement compte des impératifs en matière de réparation, d’amélioration éventuelle, de réutilisation, de démontage et de recyclage et qui facilitent ces derniers ».

ecoconceptionLa responsabilité élargie du producteur a désormais reçu une consécration générale au sein de la directive 2008/98/CE. Il convient en outre, de relever que l’instauration d’un régime de responsabilité élargie s’intègre dans le prolongement de la « politique intégrée des produits » (PIP) et notamment l’éco-conception (directive 2009/125/CE) qui vise à recourir à des procédés qui facilitent l’utilisation efficace des ressources, tout au long du « cycle de vie » desdits produits (considérant n° 27 de la directive 2008/98/CE) et qui, partant, ne visent pas uniquement la phase où le produit est devenu un déchet.

Etablie comme une faculté au sein de la directive 2008/98/CE, il conviendra de voir, à l’occasion de la transposition de cette dernière, si le législateur régional lèvera l’option d’introduire ce nouveau régime en droit belge. Rendez-vous, en principe, le 12 décembre 2010 (au plus tard).

Cet article vous a plu? Partagez-le:
  • Print
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • email
  • Live
  • Netvibes
  • Twitter
  • MySpace
  • PDF
  • RSS
  • Wikio FR
  • Add to favorites
  • del.icio.us
  • FriendFeed
  • LinkedIn
  • Yahoo! Bookmarks
  1. Point 120 des conclusions de l’Avocat général KOKOTT dans le cadre de l’affaire C-188/07. []
  2. OCDE, Responsabilité élargie des producteurs. Manuel à l’intention des pouvoirs publics, Publications de l’OCDE, 2001, p. 18. []
  3. Sur les écueils liés à l’instauration d’une responsabilité élargie du producteur, voy. not. C. VERDURE, « Gestion des déchets, protection de l’environnement et responsabilité », R.G.A.R., 2009/4, n°14.449. []
  4. Point 127 des conclusions de l’Avocat général KOKOTT, précitées. []
  5. M. GLACHANT, « Le concept de responsabilité élargie du producteur et la réduction à la source des déchets », Annales des mines – Responsabilité et environnement, 2005, n°39, p. 91. []
Posted in Union européenne | Tagged | Leave a comment